Un exemple

Un exemple, de la question à la décision

Un dossier réel, anonymisé. Le nom de l'entreprise et les chiffres ont été modifiés ; la synthèse et le plan d'action sont présentés à titre d'illustration.

Le cas

L'entreprise

Une entreprise de menuiserie et d'agencement en Auvergne-Rhône-Alpes, 38 salariés, reprise par son dirigeant actuel il y a quinze ans. Elle conçoit, fabrique et pose des menuiseries et des agencements sur mesure, avec un bureau d'études intégré et un atelier modernisé depuis trois ans. Un chiffre d'affaires d'environ 6 M€, en recul de 3 % sur le dernier exercice.

Le problème posé par le dirigeant

Le dirigeant prépare un nouvel investissement, un centre d'usinage, et veut trouver une activité de fond, plus régulière, entre les chantiers. Dans le même temps, l'activité recule et la marge baisse. Sa question : faut-il investir maintenant, et comment absorber cette nouvelle capacité sans que tout repose encore davantage sur lui ?

Ce que l'analyse a révélé

  • La marge réalisée s'écarte de la marge prévue. La marge prévue au devis est de 12 % ; la marge constatée au bilan est de 4,4 %. L'écart ne provient ni des achats ni des salaires, mais des heures de pose : sur les trois derniers chantiers importants, 11 % des heures réalisées n'avaient pas été prévues au devis, et les travaux supplémentaires demandés sur place ont été facturés en moyenne 74 jours après leur réalisation. La méthode de chiffrage des heures de pose n'a pas été revue depuis la reprise, alors que les chantiers ont changé. L'information existe sur le chantier ; elle ne remonte au bureau qu'au bilan.
  • Le développement commercial repose sur le dirigeant. Quatre affaires sur cinq proviennent de son réseau, deux clients représentent 40 % du chiffre d'affaires, et aucun devis supérieur à 100 k€ n'est émis sans lui. Les chargés d'affaires chiffrent, mais ne négocient pas et ne prospectent pas. Le carnet de commandes est satisfaisant ; sa dépendance à une seule personne est le premier risque de l'entreprise, et il conditionne la décision d'investissement.
  • Le bureau d'études limite désormais la capacité de production. Depuis la mise en service du nouvel atelier, la fabrication n'est plus le facteur limitant. Le délai entre la commande et le premier plan validé est de trois semaines en moyenne, et des plans sont repris à l'atelier parce que la version fabriquée n'est pas la version signée. Réduire ce délai libérerait davantage de capacité que la machine envisagée.
  • Le marché ne portera pas la croissance. Le bâtiment neuf est au plus bas depuis vingt-cinq ans. Tout gain d'activité se prendra sur des concurrents, ou en dehors du neuf : rénovation, agencement, fabrication pour des tiers. L'entreprise ne dispose d'aucun contrat récurrent, et son seul indicateur d'avenir est le carnet de commandes.
  • Les équipes et la direction ne font pas le même constat. Les réponses des chefs d'équipe et du bureau d'études divergent sur un point précis : la qualité des informations transmises entre les études et le chantier. La direction considère le sujet réglé par le nouvel outil ; le terrain indique le contraire.

La décision proposée

Sécuriser la marge avant d'investir. L'investissement n'est pas remis en cause, mais il ne doit pas précéder la maîtrise de ce qui se passe entre le devis et la facture.

  • Dès maintenant : relever les heures de pose au réel sur les trois prochains chantiers et revoir, à partir de ces relevés, la manière de les chiffrer au devis ; facturer les travaux supplémentaires dans le mois de leur réalisation ; suivre chaque mois la marge par chantier avec un seuil d'alerte.
  • Dans l'année : déléguer progressivement le chiffrage et la négociation à un chargé d'affaires, formé et habilité à signer ; partager la planification entre le bureau d'études et l'atelier, avec un délai cible de dix jours entre la commande et le premier plan validé.
  • Ensuite : identifier, parmi les clients existants et les demandes refusées faute de temps, les activités capables de donner un socle régulier (contrats de maintenance, fabrication pour des architectes ou des industriels, agencement en série), en tester deux sur un semestre, puis décider de la machine sur des marges réelles, non sur des marges de devis.

Ce que le dirigeant en retire

Un ordre de priorité, là où tout semblait urgent. La certitude que le sujet n'est pas la capacité de production, mais ce qui se passe avant et après. Et trois indicateurs à suivre chaque mois : la marge par chantier, les heures de pose non prévues, le délai d'études.

Les documents

Extraits des documents remis

Une page de chacun des trois documents, présentée telle qu'elle est remise au dirigeant.

Présentation d'entrepriseMenuiserie et agencement
38 salariés

Concevoir, fabriquer et poser des menuiseries et des agencements sur mesure.

Du bureau d'études à la pose, avec des équipes intégrées et un atelier modernisé.

1985création de l'atelier, quarante ans de métier
38salariés : études, atelier, pose et support
600+chantiers réalisés depuis la création de la société
2 400 m²d'atelier, bois et aluminium
MenuiseriesNeuf et rénovation, bois et aluminium
AgencementCommerces, bureaux, hôtellerie
FabricationPour architectes et industriels

La présentation d'entreprise

Un document prêt à remettre à un banquier ou un partenaire, et un volet confidentiel avec de premières recommandations.

Diagnostic · Synthèse dirigeantConfidentiel
  1. 1

    Prioritaire

    La marge réalisée s'écarte de la marge prévue

    12 % au devis, 4,4 % au bilan. L'écart provient des heures de pose non prévues et des travaux supplémentaires facturés tardivement.

  2. 2

    À surveiller

    Le développement commercial repose sur le dirigeant

    Quatre affaires sur cinq proviennent de son réseau ; deux clients font 40 % du chiffre d'affaires.

  3. 3

    Levier

    Le bureau d'études limite désormais la capacité de production

    Depuis le nouvel atelier, le délai d'études, trois semaines en moyenne, est devenu le principal frein à la production.

Première décision recommandée

Mettre en place le suivi mensuel de la marge par chantier avant d'engager le nouvel investissement.

Le diagnostic

Les vrais problèmes, leurs causes et par quoi commencer.

Feuille de route · Plan d'actionPriorités :
sécuriser la marge
HorizonActionPriorité
0 à 3 moisSuivi mensuel de la marge par chantier, avec seuil d'alerte1
0 à 3 moisChiffrage des heures de pose revu ; travaux supplémentaires facturés dans le mois1
3 à 12 moisChiffrage et négociation délégués à un chargé d'affaires2
3 à 12 moisPlanification partagée études-atelier, délai cible de dix jours2
12 mois et plusDeux pistes d'activité régulière identifiées et testées auprès des clients existants3

La feuille de route

Les actions classées par horizon, avec leurs indicateurs.

Commencez par la présentation de votre entreprise

Une présentation structurée de votre entreprise et une première analyse de votre situation, avec de premières recommandations, rédigées par nos consultants. 290 € HT, sans engagement sur la suite.

Commencer